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Ganttia

Le Planning Poker, et comment mener une session utile

Le Planning Poker fait estimer une tâche par toute l'équipe, chacun de son côté, cartes retournées, puis dévoilées ensemble. La méthode tient en une règle, et c'est cette règle qui produit tout son intérêt : ce n'est pas le chiffre qui compte, c'est l'écart entre les chiffres.

Pourquoi les cartes sont cachées

Demandez une estimation à voix haute autour d'une table, et le premier chiffre annoncé fixe tous les autres. Le phénomène porte un nom, l'ancrage, et il ne se corrige pas par la bonne volonté : celui qui hésitait entre 3 et 8 dira 5 après avoir entendu 5. L'estimation collective ne vaut alors pas mieux que celle de la personne qui a parlé la première, avec en prime l'illusion d'un accord.

  • Chacun choisit sa carte sans voir celle des autres, et toutes se retournent au même instant.
  • Ce qui intéresse le facilitateur n'est pas la moyenne, c'est la dispersion : un 3 et un 13 sur la même tâche signalent que deux personnes ne parlent pas de la même chose.
  • La discussion part des extrêmes. Celui qui a mis le plus bas et celui qui a mis le plus haut expliquent, et c'est presque toujours là que sort l'exigence que personne n'avait vue.
  • Un second tour suit la discussion. Il converge d'ordinaire tout seul, et s'il ne converge pas, la tâche est mal découpée.

Pourquoi une suite de Fibonacci

Les jeux de cartes utilisés en Planning Poker montent en s'espaçant : 1, 2, 3, 5, 8, 13, 20. L'écart entre deux cartes grandit avec la valeur, et ce n'est pas une coquetterie mathématique. Personne ne sait distinguer une tâche de 17 d'une tâche de 18 ; tout le monde sait distinguer une tâche de 13 d'une tâche de 20. Une échelle continue invite à une précision qui n'existe pas, et fait perdre en débats ce qu'elle promettait en finesse.

  • Les petites valeurs sont fines parce que l'équipe sait y voir clair, les grandes sont grossières parce qu'elle n'y voit rien.
  • Une tâche qui reçoit la plus grosse carte du jeu n'est pas une tâche estimée, c'est une tâche à découper.
  • Les tailles de vêtement rendent le même service en évitant les chiffres, ce qui aide les équipes où le nombre finit toujours par être lu comme un engagement.
  • Trois cartes ne sont pas des estimations et il faut pouvoir les jouer : « je ne sais pas », « trop gros », et la demande de pause.

Points ou journées, le vrai désaccord

La question revient à chaque session : combien de jours vaut un point ? La réponse de la littérature agile est qu'elle n'a pas de réponse, le point mesurant une taille relative et non une durée. La réponse du terrain est qu'il faut bien annoncer une date à quelqu'un. Les deux sont vraies, et l'erreur n'est pas de convertir, c'est de convertir sans le dire.

  • Un point est une taille comparée aux autres tâches, pas une durée. Deux équipes n'ont pas la même échelle, et comparer leurs points n'a aucun sens.
  • Une conversion posée après coup, à partir de ce que l'équipe a réellement livré, est un constat. Une conversion posée avant est une promesse déguisée en estimation.
  • Ganttia permet la correspondance, l'affiche comme un ordre de grandeur, et garde le point comme valeur de référence : c'est lui qui est enregistré, la durée n'est qu'une lecture.
  • La règle qui évite le plus de dégâts tient en une phrase : ne jamais présenter une estimation convertie comme un engagement de date.

Mener une session qui ne s'éternise pas

Une session de Poker Planning qui dure trois heures a échoué, quel que soit le nombre de tâches estimées. Le format est fait pour aller vite : quelques minutes par tâche, une discussion cadrée, et l'acceptation qu'une estimation reste une estimation. Ce qui fait déraper une session est presque toujours la même chose, une tâche mal préparée dont on découvre le contenu en séance.

  • Préparez la file des tâches avant, avec un titre qui se comprend seul. Découvrir l'énoncé en séance coûte le double du temps.
  • Posez un minuteur par tâche. Il ne sert pas à presser l'équipe, il sert à rendre visible le moment où la discussion tourne en rond.
  • Estimez d'abord les tâches que tout le monde comprend : l'équipe se cale sur une échelle commune avant d'attaquer les cas difficiles.
  • Notez ce qui est ressorti de la discussion, pas seulement le chiffre. Trois semaines plus tard, c'est le contexte qui manque, jamais le nombre.

Le faire dans Ganttia

La session vit dans la même application que le planning et les rétrospectives. Le facilitateur ouvre la salle, colle sa file de tâches, et chacun rejoint depuis son navigateur, y compris quelqu'un qui n'a pas de compte. Les cartes restent cachées jusqu'au dévoilement, décidé par le facilitateur.

  • Cinq jeux de cartes, dont un jeu libre si aucun ne correspond à vos habitudes.
  • Les votes sont invisibles jusqu'au dévoilement, et le nombre de votants, lui, reste visible : on sait qui manque sans savoir ce qu'il a choisi.
  • Les résultats montrent l'écart, la médiane et la moyenne, et signalent les cartes spéciales jouées.
  • L'estimation validée reste attachée à la tâche, avec le tour qui l'a produite et les commentaires de la discussion.
  • La session s'exporte en tableau, pour la reprendre dans l'outil où vivent vos tickets.

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Une session s'ouvre en une minute, sans créer de projet, et un lien suffit pour convier quelqu'un qui n'a pas de compte.

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